Trente kilomètres de forêt tropicale entre Fort-de-France et le Morne-Rouge, au pied des pitons du Carbet.

Il y a des routes qu'on emprunte pour aller quelque part, et d'autres qui sont la destination. La route de la Trace, la N3 qui relie Fort-de-France au Morne-Rouge par l'intérieur, appartient à la seconde catégorie: trente kilomètres de lacets dans la forêt tropicale humide, sous la canopée des fougères arborescentes, avec les pitons du Carbet en toile de fond. Les Martiniquais l'appellent simplement la Trace, du nom du sentier que les jésuites ouvrirent au XVIIIe siècle.
La sortie de Fort-de-France grimpe vite: en dix minutes, la ville disparaît et la végétation se referme. Premier arrêt possible à l'église de Balata, réplique miniature du Sacré-Cœur de Montmartre posée en balcon sur la baie, puis au Jardin de Balata tout proche, la plus belle collection botanique de l'île.


Balata, hauteurs de Fort-de-France
Plus haut, la route joue à cache-cache avec les pitons du Carbet, ces cônes volcaniques acérés qui culminent à près de 1 200 mètres. Les échappées se méritent: les points de vue dégagés sont rares sous la canopée, et c'est précisément ce qui rend chaque trouée spectaculaire.
Plusieurs sentiers partent de la Trace, du plus accessible au plus alpin. La montée au piton Dumauzé ou au piton de l'Alma récompense les habitués de dénivelé raide et de racines glissantes; ce sont des courses exigeantes, à ne pas improviser en claquettes. Les pitons sont, avec la Pelée, au cœur du bien inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO: volcans et forêts du nord de la Martinique.

Cœur du nord, le long de la Trace
Pour une mise en jambes plus douce, le sentier qui descend vers la cascade de l'Absalon, ou les boucles autour de Fonds-Saint-Denis, donnent le parfum de la forêt sans l'engagement des sommets.
La Trace débouche au Morne-Rouge, la commune la plus haute de l'île, au pied de la Pelée. La fraîcheur y surprend toujours. C'est le point de départ naturel de l'ascension du volcan par l'Aileron, et la jonction rêvée pour un itinéraire qui enchaîne forêt le matin et Saint-Pierre en fin de journée.


Nord, au pied de la Pelée
Voir la météoUne heure de route sèche, mais une demi-journée dès qu'on s'arrête au Jardin de Balata et sur deux ou trois points de vue. Avec une randonnée aux pitons, c'est la journée entière.
Elle est sinueuse et parfois étroite, mais parfaitement revêtue et très fréquentée. On roule doucement, on klaxonne dans les épingles aveugles comme les locaux, et tout se passe bien.
Des lignes relient Fort-de-France au Morne-Rouge par la Trace, mais les arrêts desservent mal les sentiers et le jardin. Pour profiter vraiment des arrêts, la voiture reste l'outil adapté.
La Pelée est un volcan actif surveillé, massif et dégagé au sommet. Les pitons sont des dômes anciens, plus bas mais plus raides, entièrement pris dans la forêt. Deux ambiances de montagne radicalement différentes, à moins d'une heure l'une de l'autre.
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