À l'Anse Caffard, au Diamant, un mémorial silencieux regarde l'océan. L'un des lieux les plus forts de l'île.

Sur la pointe de l'Anse Caffard, au Diamant, quinze silhouettes blanches se tiennent serrées face à la mer, têtes baissées, épaules voûtées. Le mémorial Cap 110 est probablement l'œuvre d'art la plus puissante de Martinique, et l'un des rares lieux où le silence s'impose de lui-même.
Dans la nuit du 8 avril 1830, un navire négrier clandestin fait naufrage sur les rochers de l'Anse Caffard, alors que la traite était officiellement interdite depuis des années. Des dizaines de captifs enchaînés dans la cale périssent; les survivants seront débarqués sans identité, sans histoire, sans nom.
Le mémorial, inauguré en 1998 pour le cent cinquantenaire de l'abolition de l'esclavage, leur répond: quinze statues massives en béton blanc, hautes comme des hommes et demi, disposées en triangle serré, orientées vers le golfe de Guinée. Le blanc est la couleur du deuil aux Antilles; le triangle rappelle le commerce du même nom.

Anse Caffard, Le Diamant
Le site domine la baie du Diamant, avec le Rocher en vis-à-vis permanent. La lumière de fin de journée, quand le soleil descend derrière les statues, donne au lieu son intensité maximale: c'est le moment que choisissent les photographes, et celui où l'on comprend pourquoi l'œuvre a été posée exactement là.

Au bourg du Diamant, la maison du bagnard et le front de mer complètent la halte. Et pour ceux qui veulent comprendre plus largement cette histoire, la Savane des esclaves aux Trois-Îlets, à vingt minutes, reconstitue la vie des habitations et des villages d'après l'abolition.
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